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Raisonnement & argumentation : la méthode

Mis à jour le 25 juillet 2026.

Quinze questions, vingt minutes, et deux familles bien distinctes. Le raisonnement formel donne des prémisses (« si Théo est coupable, alors… »), des rangements, des généalogies, et une question : que peut-on déduire avec certitude ? L'argumentation propose un court texte qui défend une thèse, et il faut trouver ce qui la renforce, l'affaiblit, ou l'hypothèse implicite dont elle dépend. S'y ajoutent les intrus, où quatre mots partagent une propriété de sens et un cinquième est à isoler.

Le piège central : l'implication n'est pas une équivalence

« Si Théo est coupable, alors Rose est coupable » ne dit rien du cas où Théo est innocent : Rose peut alors être l'un ou l'autre. La seule transformation toujours licite est la contraposée, « si Rose est innocente, alors Théo est innocent ». La moitié des distracteurs du format vit sur cette confusion, et sur sa cousine, conclure du particulier au nécessaire. Avant de valider « on peut déduire que… », cherchez le contre-exemple : un seul monde compatible avec les prémisses où l'option est fausse suffit à l'éliminer.

La méthode qui tient

  • Formalisez : T → R se manipule mieux que la phrase entière ;
  • Énumérez les cas possibles quand ils sont peu nombreux, car la certitude se prouve, elle ne se sent pas ;
  • En argumentation, isolez d'abord la conclusion : renforcer ou affaiblir se juge par rapport à elle, pas au sujet en général ;
  • Pour un intrus, la propriété qui isole doit être affirmative et partagée par les quatre autres. « Celui-ci ne sert pas à X » n'est pas un critère, puisque tout mot ne sert pas à mille choses.

Deux exemples corrigés

Raisonnement : question inédite, générée et vérifiée par notre moteur

Un délit a été commis. Théo, Rose et Ulysse sont suspectés.

On sait que :

1. Si Théo est coupable, alors Rose est coupable.
2. Si Rose est coupable, alors Ulysse est coupable.
3. Si Ulysse est coupable, alors Théo est coupable.
4. L'enquête établit qu'il y a au plus un coupable.

Que peut-on déduire avec certitude ?

  • A) Aucun des trois n'est coupable.
  • B) Ils sont tous coupables.
  • C) Rose est coupable.
  • D) Ulysse est coupable.
  • E) On ne peut rien conclure.
Voir la correction

Réponse A.

Les trois implications forment une boucle : T → R → U → T. Supposez un coupable, n'importe lequel : la boucle rend les deux autres coupables aussi. Les trois vont donc ensemble, tous coupables ou tous innocents.

« Au plus un coupable » interdit le premier cas. Il ne reste qu'un monde possible, celui où aucun des trois n'est coupable, et E) tombe puisqu'on vient précisément de conclure.

Le réflexe illustré : on ne sent pas la réponse, on énumère les mondes compatibles. Ici il n'y en a qu'un.

Raisonnement, intrus : question inédite, générée et vérifiée par notre moteur

Parmi les cinq mots suivants, quatre partagent une même propriété de sens.

Trouvez l'intrus.

  • A) Marteau
  • B) Bêche
  • C) Visseuse
  • D) Pelle
  • E) Râteau
Voir la correction

Réponse C.

Marteau, bêche, pelle et râteau sont des outils à main, actionnés par la seule force musculaire. La visseuse est un outil à moteur : c'est l'intrus.

Notez la forme du critère : une propriété affirmative, partagée par les quatre autres. « Le marteau ne sert pas à creuser » isolerait aussi un mot, mais par une négation, ce que le format n'admet pas, puisque toute liste a mille propriétés négatives.

Le raisonnement partage sa rigueur avec les conditions minimales, deux sous-épreuves où l'on prouve au lieu de deviner. La structure complète du test est dans le guide de l'épreuve.

S'entraîner au raisonnement